Jamais une langue n’aura été plus habile que celle de Klara, plus patiente, plus pénétrante, plus connaisseuse des tréfonds moites. Imaginez des perles nacrées de jouissance, enfilées sur la langue, comme on enfile un collier d’amour.
Jouir, recommencer. Jouir, recommencer.
Ecouter en entier la série érotique Ses amours
Texte original et voix – Supernova, créatrice du podcast Déferlante.
📖 Transcription complète : "Klara"
Déferlante, podcast provocateur de plaisir.
Introduction
Le moment tant espéré est enfin arrivé... En Belgique, à partir de demain, citoyen Covid n'a plus droit de cité! Le beau temps est revenu aussi, et nous allons enfin retrouver une vie normale.
Après 2 années pénibles, hmm... je compte bien prendre ma revanche. Sortir très souvent et faire la fête encore plus.
Ce qui veut dire aussi que j'ai pris une décision: réduire le nombre d'épisodes. Nous n'aurons plus rendez-vous chaque dimanche soir. Désormais, un nouvel épisode sera publié seulement les 10, 20 et 30 du mois. Toujours à 20h. Vous savez? faire ou écouter un podcast, c'est chouette. Très chouette, même! Surtout si c'est Déferlante.
Mais... la vraie vie n'attend pas!
Bon, on y va pour ce nouvel épisode, en sachant que le prochain sortira le 20 mars seulement.
Les retrouvailles
Après le départ houleux de son amant, elle dut gérer les retrouvailles avec son mari. Depuis toujours, ils avaient un accord: on demande ce qui ne va pas uniquement si on est prêt à entendre la vérité. Toute la vérité et rien que la vérité. Qui ne sera probablement pas toujours plaisante. Parfois, le silence est d'or.
Elle était ravie de le retrouver, alors elle l'écoutait: Il raconta alors le pays, les gens, le travail, les collègues, la mission.
Il était heureux de la revoir, alors il l'écoutait: Elle raconta alors ses études, son quotidien, son envie de soleil, son besoin d'être ailleurs.
Et les jours s'allongeaient les uns derrière les autres, rythmés, en alternance, par un creux douloureux au ventre et par un manque, par le silence aussi.
Des journées interminables, des cours à l'unif incompréhensibles. Et une sorte de brouillard permanent sur son cerveau.
Le manque était à vif. Car le temps passait trop lentement. Rien ne cicatrisait. Le dimanche matin, elle n'allait plus au marché.
Son mari descendait et lui rapportait des fleurs, des bouquets savamment composés, qui lui filaient la nausée et qui ne résistaient jamais dans le vase plus de 3 jours. Elle les regardait faner, en se disant "mais oui, rien ne dure, absolument rien".
À la rentrée, il reçut une nouvelle mission, elle allait se retrouver à nouveau seule. « Mais chérie, ce sera juste pour un mois, maximum 6 semaines, je reviens vite, tu sais... »
Bien sûr. Et il reprit la route un vendredi matin. Un courant d'air avait claqué la porte derrière lui, pour lui rappeler le départ d'Aleksandros.
Le retour au marché
À nouveau seule, elle attendit, en manque, en apnée, presque immobile: Que le dimanche matin vienne enfin. Que le marché s'anime.
Elle dut se faire violence pour ne pas descendre trop tôt au marché. Prendre le temps de boire un café, prendre le temps d'une douche. Prendre une bonne respiration.
Une fois dehors, Klara l'aperçut de loin, chancelante, ombre d'elle-même... Et Klara n'osa plus, comme autrefois, passer tendrement son bras autour de la taille, pour lui susurrer « bonjour » à l'oreille.
Un regard fut suffisant pour que la fleuriste comprenne son état d'esprit. Alors, elle fit un bouquet de tulipes noires. En fait, c'était un bordeaux tellement foncé qu'on aurait pu les croire vraiment noires.
Au moment de lui tendre le bouquet, Klara lui glissa aussi: « il n'est pas là, il ne vient plus, je veux dire... il ne vient plus sur CE marché ».
Elle sursauta malgré elle. C'était cela le creux, le manque, et elle le savait, sans vouloir le nommer. Cette absence absolue!
Le désir
Au fond, on ne désire pas toujours parce qu'on aime. Le désir... le désir est cet animal étrange, très félin, très ingrat aussi, qui approche en douceur, en douce, sur la pointe de ses coussinets, on l'entend à peine arriver. Mais le désir? il peut exister sans amour, sans lendemain. Et dans ces cas-là, il est juste... différent.
Il brûle plus fort, il réchauffe plus fort, il est plus beau, plus vivant. Mais qui sait? peut-être... son espérance de vie est différente. Moindre.
Le cœur au bord des larmes, elle invita Klara chez elle, après le marché. Juste pour boire un café. Pour lui parler.
Mais cette attente, contre toute attente, déclencha aussi autre chose. Une impatience, une fébrilité. Un désir.
Et quand Klara arriva, elle lui tomba dans les bras, en pleurs, en sanglots, là, dans le couloir. Derrière la porte à peine refermée, les mains étaient avides, les bouches étaient gourmandes, les tétons étaient pointus et sensibles et les entre-jambes? savonneuses de désir.
La caresse de Klara
Jamais une langue n'aura été plus habile que celle de Klara, plus patiente, plus pénétrante, plus connaisseuse des tréfonds moites...
Une langue apprivoisant les désirs enfouis, les désirs inavouables... qu'il faut patiemment ramener à la surface de la conscience, tels des trésors, lourds et rouillés, arrachés aux profondeurs.
Imaginez… des perles nacrées de jouissance, enfilées sur la langue, comme on enfile un collier d'amour. Jouir. Recommencer. Jouir. recommencer. Encore et encore.
À genoux devant elle, Klara la fit oublier tout le reste. Appuyée contre la porte, jambes bien écartées, âme écartelée, cœur en soubresauts, dégoulinante… et ventre désirant.
Il faut reconnaître que… Klara la désirait depuis si longtemps…
L'apaisement
Quand ce fut fini, totalement épuisée, chancelante, elle se laissa conduire vers la chambre, les yeux fermés, pour s'écrouler vidée, sur le lit.
Klara prit alors son temps pour la déshabiller, lui enlever les chaussures, la jupe et son t-shirt, lui défaire le soutien-gorge et la mettre au lit, comme un bébé fatigué par une trop longue journée éreintante à l'école maternelle.
Tout habillée, Klara s'allongea ensuite à ses côtés, en la berçant. Elle la prit dans les bras, elle lui caressa les cheveux, et elle lui chanta une comptine, tout doucement.
"Il était un petit navire, il était un petit navire, qui n'avait ja-jamais navigué, qui n'avait ja-jamais navigué, ohé-ohé"
Et là, dans le lit conjugal, adultère, et dans les bras rassurants de Klara, elle put enfin hurler sa douleur, la faire sortir en sanglots, la faire déguerpir de ses tripes, la chasser à coups de "je veux mourir, je veux mourir". Gratter cette blessure jusqu'au sang, et laisser suinter le manque, dégouliner de partout de douleur, de désir, d'envie… sur les draps satinés, propres, amidonnés.
Deux femmes
Il n'y a qu'une femme qui désire à la folie pour consoler une autre qui aime à en perdre la raison.
C'est juste que… leurs énergies sont alignées, leur désir ne fait qu'un, et à la fin, leur jouissance est sublimée.
Oui, Aleksandros la faisait jouir, comme on fait jouir au petit matin une femme très belle, très désirante, très amoureuse.
Mais Klara… elle la fit jouir pour la guérir du manque, pour la faire oublier, pour la ramener des ténèbres. Sevrage profond.
Sa langue douce caressait le désir entre ses cuisses. Son souffle contre ses tétons étourdissait les sens, elle perdait le Nord, mais elle se retrouvait elle-même.
Le regard de Klara était de braise, il réchauffait son cœur. Ses mains pétrissaient ses chairs, de tendresse et de savoir-faire. Les caresses de Klara! je ne vous explique pas.
Alors, pendant des jours et des jours, elle se laissa aimer, pétrir, jouir, souffrir et guérir.
Le réveil
Et un beau matin… alléluia! le creux disparut. Entièrement, ou presque. Peu avant 5h du matin, elle s'éveilla… À ses côtés, Klara dormait encore, sur le dos. Tellement paisible, tellement belle. Vulnérable aussi.
Alors, elle promena le bout de ses doigts sur son corps: le front lisse, les sourcils, le contour des lèvres roses, le creux de la clavicule, l'arrondi de son épaule. Elle mit sa main à plat sur le sein chaud, et le cœur battait doucement dedans, dans sa main pleine.
De sa paume, elle frotta doucement l'aréole sombre, qui finit par durcir au contact.
Ensuite, ses doigts descendirent plus bas, vers le ventre doux, et ils vinrent s'emmêler dans la jungle moite du pubis. En douce, elle glissa un doigt entre les grandes lèvres. C'était chaud, lisse, humide. Et ce contact lui donna envie de coller son sexe contre la cuisse de Klara et de s'y frotter, à peine. Au rythme paresseux du doigt intrépide qui lui frottait le clitoris. Et ce manège dura un petit moment.
Klara ouvrit les yeux, se retourna face à elle, et fit glisser, à son tour, une main contre sa vulve. Elles se faisaient du bien toutes les deux, sans se quitter du regard, les souffles presque emmêlés, les ventres rapprochés, les seins écrasés l'une contre l'autre. Chercher le plaisir de l'autre au bout des doigts. Sentir les changements de texture, avoir les doigts dégoulinants, voir dans les yeux de l'autre le plaisir que l'on ressent soi-même, doigter l'autre comme si son sexe vous appartient.
Le retour
Pour finir, elle glissa à l'oreille de Klara: - Je vais te lécher, ma belle. J'ai envie de te faire jouir. Laisse-toi faire. Laisse-moi faire.
Et elle commença une glissade vertigineuse: lécher le cou, glisser entre les seins, mordiller les tétons pointus, lécher le ventre frémissant, renifler son sexe, écarter les grandes lèvres, et plonger sa langue dedans, telle une assoiffée qui vient de marcher longuement sans but sous un soleil de plomb, en plein désert.
Imaginez… des perles nacrées de jouissance, enfilées sur la langue, comme on enfile un collier d'amour. Jouir. Recommencer. Jouir. recommencer. Encore et encore.
Elle fit jouir Klara, pour la remercier. D'avoir été là, de l'avoir autant aimée, désirée. Ramenée à la vie. Il n'y a qu'une femme pour redonner vie à une autre.
Conclusion
Vous avez écouté Déferlante, le podcast du désir.
© Supernova / Déferlante – mars 2022. Tous droits réservés. Cette œuvre (texte, voix, personnages) est la propriété de son auteur. Toute adaptation, reproduction ou représentation est soumise à autorisation préalable.



