Il alla chercher une chaise un peu plus loin, autour de la table, dans la salle à manger. Pour la poser au plein milieu du salon. Il avait l’air de vouloir la mettre en scène. D’en faire sa chose et sa Princesse, à la fois. Astucieux, car à vrai dire, les femmes adorent être les deux.
Récit original et voix – Supernova, créatrice du podcast Déferlante.
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📖 Transcription complète : "Les sandales rouges"
Déferlante, podcast provocateur de plaisir.
J'espère que vous avez passé de très-très bonnes vacances, et je suis ravie de vous retrouver, enfin. Allons-y pour ce nouvel épisode.
La renonciation
Depuis 10 ans au moins, elle avait renoncé aux escarpins. Et aux talons hauts, en général. La vie est ainsi faite parfois : le côté pratique l'emporte sur le sexy.
Ce matin, malgré elle, dans le train, elle entendait une conversation mi-badine, mi-féminine. Ça parlait : "ah, et ces mecs qui ne comprennent jamais rien aux femmes. Et bon débarras, n'est-ce pas ?" Ça parlait soldes...
Elle avait souri, ces jeunes femmes ne vivaient pas au pays des Bisounours.
"- Les belles chaussures, de vrai créateur, tu sais, les atypiques sexy... il ne faut pas traîner, ça part comme des petits pains. Ça dépend un peu de ta pointure, mais si tu n'es pas au taquet le premier jour de soldes, il y a peu de chance de les avoir. Et je peux te dire que la 'Queen of shoes' sait y faire ! T'sais, c'est les chaussures que t'achètes genre... je sais pas, moi ! Pour ton mariage, à Las Vegas. Dommage qu'il faille aller à Paris, pour les essayer. Tu ne les trouveras nulle part ici en Belgique. Elles sont belles, sexy à mourir, mais en même temps, pas du tout pute, tu vois ? Sexy-mais-décontracté !"
La découverte
Mi-curieuse, mi-amusée, elle sortit son portable immédiatement, petite recherche rapide. Ah, la voilà, "Queen of shoes" : personnage haut en couleurs, caméléon aux 1001 métiers, sauf que... ah, tiens, tiens ! c'est son mec qui dessine les grolles. Ça devient intéressant.
"Voyons voir" se dit-elle en scrollant : ah, mais que vois-je ? c'est quoi, cette sandale Mourouzette !? En velours rouge frappé, non... pas d'apoplexie, quoique ! Attends, doublées cuir, semelle cuir, faites en Espagne, talon... ça va, pas trop haut, juste 7 cm d'élégance espiègle.
Et en 1 minute top chrono, commande passée ! Juste à temps, avant de descendre du train dans le quartier européen, où les fonctionnaires battent le pavé si mal chaussé(e)s ! Surtout les hommes. Ah, mais si ces messieurs pouvaient deviner tout ce qu'elle savait sur eux, rien qu'en regardant leurs chaussures !
La livraison
Elle avait ce sourire mystérieux, dans le regard, lorsque, trois jour plus tard, vers 11h du matin, le beau mec de DHL n'eut même pas le temps de sonner à la porte.
Elle lui avait ouvert de suite.
"- Je vous attendais !" Il rougit directement, il lui donna le colis, et passa ensuite la main dans ses cheveux bouclés, avant de demander avec un sourire éclatant :
"- Ne me dites rien, des chaussures ?"
"- Mais comment le savez-vous ?"
"- Le sourire et, surtout, cette impatience que vous avez !"
"Ah, voilà un homme qui comprend les femmes" pensa-elle en souriant.
"- Et si c'étaient des diamants ?"
"- Une boîte de cette taille ? Oh, Monsieur doit être millionnaire."
"- Monsieur, quel Monsieur ?" Il rougit à nouveau. Et il resta là, gauche, avec son scanner à la main.
"- Vous avez le temps d'un petit café-unboxing ?"
"- Euh, non, je ne crois pas que ..." (il regarda l'écran de son scanner, puis ajouta en souriant) : "Si, j'ai le temps, je suis un peu en avance sur mon horaire."
"- Génial, venez. Vous le prenez comment ? petit, serré, allongé, au lait ? Je vous préviens, je n'ai pas de sucre. Mais, pour me faire pardonner, je peux vous proposer un petit chocolat noir."
"- Euh, serré, noir, sans sucre, et oui, j'adore le chocolat."
"Ooh, je devine tes tablettes" s'amusa-t-elle silencieusement, en allant vers la cuisine.
Le rituel du café
Ni une, ni deux, le voilà sagement assis sur le canapé du salon, scanner toujours en main. Elle apporta un plateau en bois de manguier, qu'elle déposa sur le bout du canapé. Dessus : un grand verre d'eau fraîche, avec un glaçon et une rondelle de citron. Une petite tasse, sans soucoupe. Une mignonnette de chocolat artisanal, noir et bio.
"- Vous savez, ça fait 10 ans que je ne porte plus de hauts talons. Je vous avoue que je ne sais pas trop ce qui m'a pris. Pourquoi j'ai commandé cette paire ? Ça a été plus fort que moi. Je vais ouvrir la boîte, vous verrez... Cette paire, de prime abord, n'a rien d'extraordinaire, et pourtant... tout y est ! Le côté 'm'as-tu-vue', le côté sexy à souhait, le côté élégance-old-money et..."
La tirade resta suspendue en l'air, car l'impatience eut le dernier mot.
Pendant qu'elle parlait, ses mains s'étaient activées, expertes : couper le papier collant, ouvrir la grande boîte en carton, en sortir la boîte de chaussures, prendre une bonne respiration, l'ouvrir, chipoter dans le papier de soie, et en sortir - enfin - l'objet du désir ! Au moment où elle allait les poser par terre, pour les enfiler, elle entendit juste :
"- Ah, d'accord ! Attendez, attendez, ne bougez pas !"
L'agenouillement
Le jeune homme se leva du canapé, déposa sa tasse sur le plateau en bois de manguier, et le scanner sur le canapé. Puis, il s'approcha, prit la chaussure de ses mains, la regarda droit dans les yeux, avec une sorte d'impertinence séduisante : "Vous permettez ? Je m'en occupe."
Il alla chercher une chaise un peu plus loin, autour de la table, dans la salle à manger. Pour venir la poser au plein milieu du salon. Il avait l'air de vouloir la mettre en scène. D'en faire... sa chose et sa Princesse, à la fois.
"Astucieux, car à vrai dire, les femmes adorent être les deux."
Puis, comme pour l'aider à se lever du canapé, il lui donna la main, et l'invita à prendre place sur la chaise, ainsi posée au milieu du salon. Ce qu'elle fit. Deux boutons de sa robe étaient déboutonnés et dévoilaient des genoux sagement alignés.
"- Laissez-moi faire..." Et son sourire fit le reste.
Elle aurait bien voulu articuler une protestation, un peu pour la forme... mais rien, pas un son ne sortit. Son esprit analysait le tout, décortiquait les détails, triait l'information, en mode : "introvertie-à-tendance-détachement-zen, soudainement-confrontée-à-l'inattendu".
"Il sait parler aux femmes, calmement, pour qu'on lui obéisse, j'aime ça" se dit-elle mentalement.
La caresse et la chaussure
Sagement assise, légèrement excitée, elle attendit la suite. Il vint s'agenouiller devant elle, un peu théâtralement. Contre toute attente, et en défiant la bienséance, sa main esquissa une caresse, à partir du pied droit, le cou de pied, la cheville, le mollet, jusqu'au genou. Même pas une caresse, un attouchement. Un effleurement. Une intention.
Quasi un point d'interrogation : "était-ce réel ?"
Puis, il la chaussa de la sandale droite. Lentement, comme si rien d'autre au monde ne pouvait rivaliser avec cet instant de séduction. Il prit son temps pour fermer la languette à boucle dorée. Il était concentré, elle vit le bout de sa langue. On aurait dit un écolier studieux, penché sur son devoir.
Content du résultat, il continua, en caressant cette fois le pied gauche, la cheville, le mollet, le genou. À peine.
Il la chaussa de la sandale gauche et de nouveau, il prit son temps à nouveau, pour fermer la languette. Ses mains ne tremblaient pas. Alors qu'elle mouillait sa culotte, sa robe et la chaise avec.
"- Voilà !" dit-il content.
Les deux pieds joints, posés sur le tapis, elle admira les sandales rouges. Les Mourouzettes étaient vraiment sublimes. Parfaite combinaison entre : "mourue" de bonheur et "mazette, ce qu'elles sont sexy !"
Le jeu et la rupture
Toujours à genoux devant elle, il leva les yeux :
"Croisez les jambes, juste pour voir."
Amusée, elle prit le temps de croiser les jambes, mais lentement, comme pour dire : "voilà !" "Montrez-moi votre impatience, ajouta-t-il."
"Ah, ça devient intéressant" pensa-t-elle. Alors, elle se mit à faire tourner légèrement sa cheville, les rayons de lumières dansaient sur la chaussure écarlate.
"Attendez, posez à nouveau les pieds par terre !" Le ton calme ne laissait pas de place à l'hésitation. L'intention était claire et nette dans son regard.
Il allait écarter ses genoux, et il allait la lécher. Là, comme ça, sans autre préliminaire... elle en fut sûre et certaine.
Elle posa les pieds par terre, sagement, bien alignés. Il passa ses doigts sur le velours, la caresse était douce-virile, mais comment vous expliquer ? Ses doigts effleurèrent les sandales rouges, puis... en se glissant entre les chevilles, il les écarta. Et sans un mot, ce geste d'homme confirma son ressenti à elle. Oui, il s'apprêtait à la lécher.
Tout était électrique : l'air, les pensées, le toucher. Ce mec, agenouillé devant elle, aurait presque pu être son fils. Elle hésitait, son esprit analytique pesait le pour et le contre.
Mais son vagin s'exprimait en vagues : de chaleur, d'humidité, et de désir contenu. Il la regarda, droit dans les yeux. Rien ne fut dit, mais tout semblait s'exprimer clairement.
Ses doigts ouvraient habilement les boutons de sa robe, lentement, un par un. Les pans de la robe légère s'écartaient, et glissaient sur les côtés, en dévoilant ses cuisses. Elle n'osait pas respirer trop fort. Il avait l'air calme, il maîtrisait ses émotions, tout semblait lui obéir : les boutons de la robe, son vagin, l'électricité dans la pièce...
Puis, bordel ! Le scanner se mit à faire du bruit. Les deux sursautèrent. La magie était rompue.
"Je suis désolé."
"Non, vous ne devez pas, je..."
"Je m'appelle Jules, je finis ma tournée vers 17h, et je voudrais vous inviter ce soir. Vous aimez le tango ? Ce soir, je vais à mon cours de tango, venez avec moi."
"Euh, j'adore le tango, mais... je..."
"Moi non plus, je n'y connais rien, ce soir c'est mon premier cours. Et vous avez les sandales, alors venez avec moi. Je n'ai pas de partenaire."
"Alors d'accord !"
"Je reviendrai ici vers 17h30, peut-être 18h, selon le trafic. Nous finirons cette... 'conversation'. Et ensuite, je vais prendre une douche, me changer et on ira danser."
"D'accord."
Il avait un si beau sourire. Il prit son scanner, l'embrassa sur la joue, siffla admirativement en montrant du doigt les Mourouzettes, et il partit comme il était venu. En vitesse.
L'attente et l'épilogue
La camionnette de livraison avait quitté sa rue. Elle respira à nouveau. C'est vrai que les sandales étaient splendides. Comment allait-elle remplir sa journée, en attendant "17h30, peut-être 18h, selon le trafic" ? Bon gré, mal gré, la journée finit par s'écouler. Une journée bizarre, qui semblait par moments s'étirer à l'infini, en mode raclette.
À partir de 17h30, les sandales rouges firent les 100 pas. Toutes neuves et sans patins, leur cadence faisait pas mal de bruit sur le plancher en chêne. S'il faut vraiment faire 10 000 pas/jour ?! alors là, elle les avait sûrement tous faits, lorsque... vers 18h30, elle dut se rendre à l'évidence : il était tard.
Elle vint s'asseoir sur la chaise, restée au milieu du salon. Elle enleva lentement ses Mourouzettes, l'une après l'autre, à regret. En se disant :
"- Mourue d'envie et mazette ! quelle andouille !"
Les boucles dorées brillaient dans un rayon de lumière.
Elle sursauta, lorsque la sonnette retentit une deuxième fois, comme impatiente.
Conclusion
Merci d'avoir écouté Déferlante, le podcast érotique de vos désirs. Et pour répondre à votre question : oui, oui ! j'ai enregistré cet épisode, superbement chaussée de mes Mourouzettes !
Bon, cet été, pendant un long moment, Déferlante est resté top 1 des podcasts érotiques, aux Emirates Arabes Unis. C'est incroyable de se dire que vous écoutez ma voix aussi loin, à l'autre bout du monde. Alors, merci pour votre fidélité.
N'hésitez pas à me faire part de votre avis, votre ressenti, vos suggestions. De la même façon, sur le site www.deferlante.be allez consulter les projets participatifs qui n'attendent que vous. Partagez vos aventures, vos désirs, et ce podcast, votre podcast n'en sera que plus beau.
© Supernova / Déferlante – août 2026. Tous droits réservés. Cette œuvre (texte, voix, personnages) est la propriété de son auteur. Toute adaptation, reproduction ou représentation est soumise à autorisation préalable.



