Léna et Lila

Elle voyait un homme, depuis 3 ans maintenant, mais c’était uniquement pour le sexe. Leurs corps étaient faits pour s’emboîter, pour vibrer ensemble. A moins d’un mètre l’un de l’autre, ils se cherchaient avidement, pour s’emboîter et pour jouir en nage. Pour s’oublier l’un dans l’autre. Mais… leurs esprits ne s’accordaient pas, leurs envies ne se complétaient pas.

Ecouter en entier la série érotique « Lila ».

Texte original et voix – Supernova, créatrice du podcast Déferlante.

📖 Transcription complète : "Léna et Lila"

Déferlante – podcast provocateur de plaisir.

Les retrouvailles

Elle n'avait plus revu Léna depuis l'université. En secondaire, elles étaient inséparables, presque jumelles. Pareil à l'université, cours ensemble, sessions d'examens ensemble, chagrins d'amour surmontés ensemble, vacances inoubliables.

Et l'autre jour, sans crier gare, elles s'étaient retrouvées face à face devant le fleuriste. Incroyable, dans une énorme ville comme la leur, de se retrouver ainsi, pur fruit du hasard. Alors que leurs chemins s'étaient séparés depuis au moins dix ans.

Le parcours de Lila

À la fin de ses études, Léna avait accepté un poste à l'étranger, un moindre mal, pour une carrière prometteuse. Elle, une fois le diplôme en poche, n'avait eu qu'une seule envie: voir le monde, apprendre enfin tout ce que ni l'école ni l'université ne peuvent vous enseigner: la vie! La vraie.

Alors, elle avait voyagé partout en Amérique latine, elle avait vécu des aventures complètement incroyables. Elle avait aimé un homme dans chaque pays, un peu comme les marins. Elle avait appris la conquête amoureuse du tango et la sensualité débridée de la salsa. Elle avait trouvé son feu intérieur avec l'aide d'un chaman. Elle avait même rencontré son âme.

Au bout de trois ans, elle en était revenue. A court d'argent, mais tellement heureuse, vivante, confiante. Bien plus sereine qu'avant le départ.

La routine

Puis, évidemment, la vie normale l'avait rattrapée, elle avait trouvé un travail sans trop de responsabilité dans un bureau d'avocats. Et elle avait acquis petit à petit l'esprit mercenaire: "faire ni plus ni moins que ce pour quoi on est payé".

Elle n'avait pas d'ambition pour faire carrière. Selon elle, la vie était ailleurs. Mais le provisoire s'était progressivement installé. Et le temps qui passe l'avait complètement engloutie, pour se retrouver - malgré elle - dans une routine "métro-boulot-dodo", interrompue seulement par des vacances au soleil chaque été, le plus souvent à Ibiza.

Pas de relation officielle, pas envie de fonder une famille.

L'homme régulier

Bon, elle voyait un homme régulièrement depuis trois ans maintenant, mais c'était uniquement pour le sexe. Et ils savaient tous les deux qu'il leur serait difficile d'aller plus loin.

Leurs corps étaient faits pour s'emboîter, pour vibrer ensemble. À moins d'un mètre l'un de l'autre, ils se cherchaient avidement pour se retrouver enfin, et pour jouir en nageant, pour s'oublier l'un dans l'autre.

Les différences

Mais leurs esprits ne s'accordaient pas, leurs goûts étaient diamétralement opposés, leurs envies ne se complétaient pas, leurs besoins se contredisaient. Il rêvait d'une grande famille avec plein d'enfants, avec un chien. Alors qu'elle, elle n'était même pas sûre de vouloir devenir mère. Il cherchait à acheter une belle propriété sur les hauteurs, en dehors de la ville. Alors qu'elle, elle aimait se fondre dans l'agitation permanente de tous ces destins qui se croisent en ville, sans jamais se rencontrer vraiment.

Le rendez-vous qui tourne mal

Et la dernière fois qu'ils s'étaient donné rendez-vous pour baiser, étrangement... il avait eu du mal. Comme d'habitude, ils avaient commencé à se déshabiller l'un l'autre déjà dans l'ascenseur, mains et bouches gouvernées par cette impatience chaude, qui vous érige une verge et qui vous rend glissante une vulve.

Leur rencontre se passait dans un studio, au dernier étage d'un immeuble prestigieux. Deux chambres de bonnes avaient été réunies. Ce n'était pas grand, mais c'était très cosy. Elle avait insisté pour partager le loyer. Lui, il avait insisté pour tout le reste. L'entretien, les fleurs, le champagne, les petits fours.

Le rituel de l'ascenseur

Dans cet immeuble, l'ascenseur était vraiment une antiquité. Il était si lent, il mettait mille ans avant d'arriver au dernier étage. À l'intérieur, il y avait un strapontin en bois sombre, une petite chaise rabattable recouverte de cuir rouge, sûrement prévu à la base pour les personnes âgées.

Sauf qu'eux, ils en avaient fait une sorte de rituel, de mise en bouche en quelque sorte. À l'heure prévue, ils se retrouvaient dehors sur le trottoir devant la porte d'entrée, et ils entraient ensemble, main dans la main. Ils passaient pour un couple devant le concierge.

Une fois dans l'ascenseur, qui se mettait en route péniblement, elle prenait place sur ce strapontin et, sans le quitter du regard, elle ouvrait lentement sa braguette. Puis, elle libérait sa verge. Il attendait, toujours tendu: "et si jamais quelqu'un allait les surprendre ou les apercevoir en passant entre les étages?" Mais il attendait sans bouger, dans l'espoir d'être pris en bouche. Il aimait tellement ça. Il faut dire qu'elle était douée, mais il n'en avait jamais vraiment la certitude, car elle ne le faisait pas systématiquement. N'empêche, l'envie était là, puissante, toujours raide.

Cette fois-ci, une fois la braguette ouverte, elle s'était relevée du strapontin, elle l'avait repoussé doucement dos contre le miroir, et pendant qu'elle l'embrassait dans le cou, elle masturbait son érection, puissante, pleine de promesses. Lui, il avait glissé ses doigts en elle, et son doigté habile avait vite trouvé son point sensible.

Le miroir

Alors, par-dessus son épaule, elle se voyait dans ce miroir de l'ascenseur, les yeux mi-clos, mais elle ne se reconnut presque pas. Elle voyait une femme, assez jeune, 35 ans, belle, qui prenait beaucoup de plaisir dans les bras d'un homme qu'elle désirait, sans vraiment l'aimer. Elle eut bizarrement l'impression qu'il lui manquait la moitié.

Une fois arrivée dans le studio, elle l'avait invitée à la prendre là, debout, par derrière, contre le mur. Ses fesses blanches dessinaient une offre impossible à refuser. Mais, après l'avoir pénétrée, en moins d'une minute, il avait débandé. Cela ne lui était jamais arrivé.

La panne

Confus, il cherchait ses mots pour s'en excuser. Confiante, elle avait glissé le long de son torse pour s'agenouiller et le prendre enfin dans sa bouche, comme il l'avait tant espéré. À peine touché par sa langue, à peine léché, à peine sucé, il était à nouveau raide, clairement désirant.

Sauf que, par la suite, même en pénétrant son derrière, ce qu'il aimait par-dessus tout, eh bien... même là, bien à l'étroit, sa queue ramollit à nouveau de façon fulgurante.

Pour finir, l'envie s'était refroidie, alors elle lui avait juste dit que "ce n'était pas grave, que cela pouvait arriver" et qu'il ne fallait pas se sentir mal. Il essaya de lui expliquer, de lui parler de ses soucis, mais elle rajouta juste d'une voix douce:

- Je pense que tu ferais mieux de résoudre d'abord ce qui te tracasse, avant qu'on ne se revoie pour baiser.

La soirée chez Léna

Alors, elle quittait le studio et tombait nez à nez avec Léna, un gros bouquet de pivoines dans les bras. Elégante, haut perchée sur ses talons, son Hermès accroché à son bras. Ce fut d'abord la surprise, l'incrédulité, puis la joie sincère. Comme quoi, "une rencontre chasse l'autre".

Là, tout de suite, elles n'avaient pas le temps de prendre un café, mais elles avaient échangé leurs numéros de téléphone pour fixer un rendez-vous, pour se revoir. Et se replonger dans leur adolescence.

Deux jours plus tard, Léna l'appelait pour l'inviter à une soirée qu'elle organisait avec quelques amis. "Oh, tu sais, rien de bien compliqué."

En arrivant devant l'immeuble, un portier en uniforme, exactement comme dans les films américains, lui ouvrit la porte et lui indiqua l'ascenseur tout au fond du couloir, en précisant « dernier étage ».

À l'intérieur de l'ascenseur, la lumière tamisée lui donnait un air bronzé, une bonne mine vacancière qu'elle n'aura en vrai que dans un mois, lorsqu'elle partira dans les îles grecques. "Pas de strapontins ici" pensa-t-elle.

Quand la porte s'ouvrit, elle arriva directement dans l'appartement. Énorme! Léna la vit de loin, alors elle quitta le groupe d'amis avec qui elle discutait pour venir souriante à sa rencontre.

- Ah, ma belle, je suis si contente que tu sois venue. C'est comme si j'avais 15 ans à nouveau. Viens, viens, je vais te présenter à tout le monde.

- Henry, chéri, mon amour, je te présente la meilleure amie de mon adolescence, l'unique et l'incroyable Lila.

Devant elle se tenait bien droit l'homme qu'elle voyait régulièrement depuis trois ans, "juste pour le sexe". Il avait un verre à la main et la panique dans le regard. Il finit par se ressaisir et l'embrassa sagement sur la joue en ajoutant:

- Très heureux de faire ta connaissance, Lila.

Elle dut se faire violence pour ne pas toucher son entrejambe alors qu'elle en crevait d'envie. Elle était certaine qu'il bandait bien raide.

Conclusion

Vous avez écouté Déferlante, le podcast du désir.

© Supernova / Déferlante – avril 2021. Tous droits réservés. Cette œuvre (texte, voix, personnages) est la propriété de son auteur. Toute adaptation, reproduction ou représentation est soumise à autorisation préalable.

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