Léa,
j’ai bien reçu votre message et je vous en remercie.
Léa, vous tombez à pic, à vrai dire. Je suis très sensible aux « messages de l’Univers ». Dernièrement, je pensais arrêter Déferlante, pour 1001 raisons… valables, mais pas trop. Je fais ce podcast par pur plaisir (et rien d’autre, aucun appât du gain, aucune envie d’être « famous ») depuis plus de 3 ans.
Des fois, je me dis « bon, j’ai fait le tour complet de la question, je ne vais pas me répéter, mieux vaut arrêter ».
Puis, des gens comme vous, Léa, m’écrivent… avec un joli texte qui plus est. Et je me dis: « euh, l’amour est un oiseau rebelle… »
Alors, voilà ce que je vous propose: allez au bout de ce joli texte. Envoyez-le-moi, dans sa version « aboutie ». Ensuite, je travaillerai dessus, pour en faire un épisode.
Si j’y arrive, je vous mettrai dans la case d’honneur « collaborations ». (avec crédit pour le texte et mention de vos comptes sur les RS, si vous le souhaitez).
J’ai fait la même chose pour Marie, qui m’avait envoyé un petit joli texte sur sa première expérience avec une femme. Et ce simple texte est finalement devenu une série de 2 épisodes que je vous invite à découvrir ici, histoire de vous en faire une idée plus précise.
Si le cœur vous en dit, faites-moi signe avant de commencer à travailler sur le texte. Je vous enverrai une mini liste de consignes, qui nous aideront à partir du bon pied dans cette aventure.
Avec tendresse,
Supernova.
Bonsoir, Léa,
et merci pour vos 2 messages. Ne vous inquiétez pas, j’ai l’habitude.
Sans autre point de repère, les auditeurs imaginent, fantasment, tirent des conclusions, essaient de démêler le « vrai » de la fiction. C’est normal, c’est même souhaitable, d’une certaine façon.
Cela veut dire que mine de rien, le podcast fait son effet. Sans être du « vite consommé, vite oublié ». Du moins, je l’espère.
« Faire du sexy pour le plaisir du sexy creux » n’a jamais fait partie du plan.
Dans la plupart des personnages féminins – sauf les récits intimes (Emilie, Emma) et les portraits atypiques (Cléo, Andréa) des histoires qui ne m’appartiennent pas et que je ne peux/veux altérer – il y a quelque chose de moi.
Parfois juste un sentiment, un souvenir, parfois une scène entière, vécue, authentique, probablement pas encore guérie.
Mais le but n’est pas de savoir quand, comment, où, pourquoi. Je ne cherche pas à me mettre en avant. Je n’ai pas de velléités exhibitionnistes. Presque le contraire: « pour vivre heureux, vivons discrets ».
En tout cas, l’exhibition… fini.
Du temps de nos soirées au Moda Moda (puisque vous l’avez écouté, cet épisode) quand j’étais encore étudiante, oui… j’aimais le regard des hommes sur ma peau. Ce désir collant, enveloppant. Une drogue comme une autre.
Il peut m’arriver de danser encore pour un homme que je désire vraiment. Et il y a encore ce désir masculin qui colle littéralement à la peau.
Désormais, je suis bien plus émue par les regards attentifs posés sur mon âme. Sur mon caractère entier, sur mes côtés à la fois rigides et réceptifs.
Je suis une belle femme, mais je m’en fous sincèrement et royalement de « plaire ».
Pire encore, depuis que je suis devenue Supernova, je fais/dis tout ce qui me passe par la tête pour « déplaire »: une façon comme une autre de séparer le bon grain de l’ivraie/l’ivresse de l’admiration.
Donc, ne vous en faites pas, il n’y a pas de mal.
Je ne vous oublie pas pour les consignes en vue de cet épisode ensemble. Mais ce soir, je sors, donc ce sera pour demain matin, si vous le voulez bien.
En attendant, ceci devrait vous plaire…
Tendrement,
Supernova.
Bonjour, Léa,
et merci encore pour votre adorable message. Twitter (X) est le seul RS que je fréquente.
Je n’ai jamais eu de Facebook. J’avais confié pendant un certain temps la page Insta/podcast à une pro, que j’avais payée une petite fortune, pour qu’elle me dise au bout d’un moment… « bah, ça ne marche pas ».
Et même Twitter, j’ai envie de quitter, de fuir. Trop de bots, trop de trolls, trop de comptes fake. Rien ne remplace un échange comme celui que nous avons ici. On prend son temps et on construit une relation.
Pendant tout un temps, j’avais aussi testé un compte sur Telegram, pour le podcast évidemment. J’avais des « fidèles »: des gens vraiment intéressants, surprenants (on ne devine jamais les vies des gens), drôles, attachants.
Je voulais justement construire une communauté (beurk, ce mot!) basée sur la douceur, la tendresse, l’échange authentique. Mais c’est compliqué. Ou alors, je ne suis pas douée, c’est une possibilité aussi.
Bref, je remarque un mot qui revient plusieurs fois chez vous: « cérébrale ». Il va falloir m’expliquer mieux.
Justement, je suis très intuitive, très « irrationnelle » (dixit mon mari), loin du côté cérébral que vous évoquez (en parlant de mes podcasts). C’est un échange qui m’intéresse, parce que cela contredit ma perception. Et c’est bien.
« Chier dans les charentaises », en quelque sorte.
Pour ce qui est des consignes, j’ai pas mal réfléchi… et intuitivement, j’ai envie de vous donner carte blanche, main libre. Je vous signe un chèque en blanc sans hésiter.
Votre vibration me parle: « douce, drôle, incertaine de son charme, mais tellement femme ».
Mon seul bémol: pas de porno, pas de sexy pour le plaisir du sexy. Du vrai, du vécu, du réel.
Au-delà de cela, le récit vous appartient. Et je le sais déjà (tripes, pas cerveau) que je vais aimer.
Je vous embrasse tendrement,
Supernova.
Bonsoir, Léa/Aurélie,
Alors, j’ai lu votre texte dans le train, en rentrant du travail.
Voici mon ressenti, en vrac: il y a plusieurs histoires en fait, et il nous faudra choisir un format, un cadre, un ton.
1) Votre découverte de la sexualité (le porno sur Canal+) est une histoire intéressante/assez universelle, plein de gens vont se reconnaître dedans. Triple excitation: l’interdit (Manon pourrait se réveiller), la découverte (le corps réagit) et la fascination (les scènes sont léchées/soft, on pourrait aisément s’y projeter).
En devenant adulte, on comprend que le sexe dans les pornos est aussi fake que les lèvres au silicone.
C’est drôle, mais de façon empirique, je réalise que les jeunes femmes initiées de cette façon (film porno) chercheront intuitivement à être prises, possédées, presque objectivées pour que leur plaisir soit enfin satisfaisant. On confond excitation et message.
Bref, c’est une expérience très éloignée de la mienne, mais je la comprends en tant que récit.
2) vos fantasmes, sur le boulanger, le fermier, et tout ce qui porte une verge dans ses pantalons.
Tout cela, par contraste avec le visible: une jeune femme « sage comme une image ».
L’éternelle/classique contradiction: l’épouse/la mère/la jeune femme « bien » ou la putain. Trop cliché à mon goût, mais on peut creuser.
3) cette envie de juste « se faire » un gars, pour assumer le côté femme libérée, sexuellement libre.
Vous en parlez à votre compagnon, il vous y autorise (je comprends la démarche, mais elle amoindrit le côté femme libérée, je crois). Vous vous lancez corps et armes de séduction dans ce rendez-vous, pour vous faire ce mec-là, alors qu’il ne semble pas trop partant.
La Lionne que je suis l’aurait planté là, après l’avoir allumé… j’ai une sainte horreur des mecs indécis/timides – je sais, pardon, je projette.
Vous déployez plein d’efforts, pourquoi pas… mais il nous faudra plus qu’une simple description d’une pipe et d’un coït – avec un mec moyennement partant, qui se laisse juste faire – si on veut construire une tension érotique.
La vision que j’en ai est assez déséquilibrée: vous êtes trop belle/apprêtée/partante pour un mec qui se gratte la tête (ou les couilles) incrédule de la chance qui lui tombe dessus. De quelle façon mérite-t-il toute cette attention que vous lui portez, tout ce désir?
Alors, je ne sais pas trop – justement, pour éviter le côté décousu – quelle histoire avez-vous envie d’approfondir?
Vous l’aurez remarqué, je ne suis pas douée en « triple emballage pour égo fragile ». Je vous livre de façon franche et directe mes points d’interrogation. Prenez le temps de laisser venir des réponses, pour l’instant on a de la matière brute… qu’il nous faut affiner.
Dernière chose: rien de ce que je dis n’est un « jugement de valeur ».
Je décortique, j’analyse pas pour « valider », mais pour comprendre quelle est l’histoire que nous allons raconter. Vous vivez votre sexualité comme bon vous semble, je n’ai rien à y redire.
Je vous laisse, je meurs de faim,
Supernova.
Bonsoir Léa/Aurélie,
Ce n’est pas forcément « une » (seule) histoire qu’il faudrait raconter. On peut faire une mosaïque, un puzzle… pour donner un contour à votre personnage. La seule chose… c’est qu’il faut choisir quel est « le thème principal ».
Ne vous en faites pas à propos de ce que vous pensez que je vais penser… J’ai raconté plein d’histoires, très différentes de ma sensibilité, parfois carrément à l’opposé. Si je m’engage à faire un épisode avec vous, je mets de côté mon ressenti et je raconte le vôtre.
C’est pour cela que je répète encore une fois: mon podcast n’a pas pour vocation de « valider » un récit, une émotion ou une expérience. Loin de là. Je ne fais que raconter un vécu (de mon mieux). Au final, ce sont les auditeurs qui « valident » par leur écoute.
Je vais vous donner un exemple: en 2023, l’épisode Déferlante le plus écouté sur Spotify est celui d’Emilie (1). Cela ne veut pas dire que j’étais émotionnellement alignée sur son ressenti ou son expérience. Non, pas forcément.
Cela veut juste dire qu’ensemble nous avons construit une histoire, où j’ai pris plaisir à la raconter, elle a pris plaisir à se dévoiler et les auditeurs ont pris plaisir à l’écouter.
Après Emilie, je ne raconterai plus jamais de scène de petite culotte à enlever aux wc du train, avec une photo à envoyer, comme preuve. Aussi « simple/catégorique » que cela… alors que j’en ai reçu des récits racontant quasi la même scène! (devenue ainsi « cliché », à mes yeux)
Je sais que je peux avoir un côté assez « tranchant », mais le but est à la fois simple et égoïste:
vous éviter des illusions et des déceptions, m’éviter du temps et de l’énergie éparpillés.
Je le répète encore une fois: avec le récit que vous m’avez envoyé, nous avons de la matière. Un bon point de départ. Par exemple, la description de vos fantasmes sur le boulanger/ouvrier, etc. est hyper réaliste, très touchante, prenante, on s’y croit directement.
Mais c’est juste une scène, qui dure environ une minute, 2 min max. Il nous en faut bien plus, pour construire un épisode sur 10-15-20 min. Ne vous découragez pas, ce sera une expérience assez unique en son genre, une fois qu’on arrivera jusqu’au bout.
Je vous embrasse,
Supernova.
Bonsoir, Léa,
Vous m’avez tellement émue.
Je me disais bien que votre histoire devait être plus qu’une simple partie de séduction mollichonne. Il est là, votre épisode: vrai, fort, fragile, émouvant.
La vraie vie, avec des hauts, avec des bas.
Mon cœur s’est arrêté au mot « leucémie ». Ce soir, je ne suis pas en mesure de formuler mieux mes pensées. Mais je voudrais, à mon tour, partager un bout de ma vérité.
Je vous promets de développer mon ressenti demain. J’ai eu une dernière journée de boulot pénible pour cette année 2023. Je vais faire couler un bain.
Je vous embrasse,
Supernova
Bonsoir Léa,
me voilà plus reposée, plus cohérente mentalement, du moins, je l’espère. Voilà ma « proposition indécente »… (si vous avez la réf. « Indecent proposal » le film)
Je vous pose quelques questions, vous répondez de façon sincère. Avec ces réponses + le texte que vous m’avez envoyé + le mail émouvant qui a suivi… j’écris un épisode.
Le vôtre. On l’appellera « Aurélie ».
Il ne sera certainement pas parfait. Je ne vous connais pas en vrai, et je peux aussi me foirer royalement. Mais ce sera un récit honnête. Comme une porte entrouverte. Vers la vraie vie, vers la douleur déferlante que vous essayez de contenir.
Et vers les envies déferlantes que vous essayez de maîtriser.
Après avoir écouté cet épisode dans les bras de votre mari, vous lui direz que s’il le souhaite, il peut m’écrire. Et là, on fera « son » épisode, en miroir. Cela va lui faire du bien.
La vie n’est rien d’autre qu’un jeu de miroirs. Elle nous met en présence de ces êtres particuliers qui vont nous faire grandir. Nous rapprocher de notre vraie essence. Nous pousser à aller de l’avant, parfois non sans peine.
Prenez le temps de réfléchir, peut-être même d’en parler tous les deux. Ce sera une aventure émotionnellement éprouvante. Pour nous tous.
Mais je vous promets de donner le meilleur de moi-même.
Je vous embrasse,
Supernova
Cet échange n’a pas eu de suite. Les prénoms ont été modifiés pour garantir un anonymat absolu.