📖 Transcription complète : "L'attente"
Déferlante, podcast provocateur.. de plaisir.
Introduction
Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne est que je suis en train de tomber amoureuse. J'ai 17 ans à nouveau et un petit pois à la place du cerveau.
La mauvaise, c'est que dimanche prochain… non non non… il n'y aura pas d'épisode! Je pars en week-end. Je vais rencontrer mon amant. Croisez les doigts pour moi, car j'ai une trouille royale! Dont voici un aperçu…
Bon, allons-y pour ce nouvel épisode!
La décision
Ils avaient décidé de se voir, en vrai. Malgré les km qui les séparaient, malgré la différence d'âge, et malgré leurs vies bien rangées, bien remplies: travail, enfants, passions et hobbys… Des vies réglées comme du papier à musique, mais légèrement compliquées, à cause du manque.
Que leur manquait-il? Un vrai lien, un vrai contact. Voir, toucher, goûter vraiment. Découvrir. Se laisser emporter, si une vague se crée. Échanger des fluides, si la fluidité les étreint. Juste baiser, si l'alchimie des corps ne devait leur laisser que ce choix-là.
Alors, ils avaient décidé de se rencontrer, en terrain neutre, quelque part dans un chalet de montagne, juste pour un week-end. Quand leurs enfants respectifs étaient chez leur maman/papa. Quand le désir n'en faisait qu'à sa tête, sans que la tête ne puisse s'y opposer.
Et cette décision à première vue intrépide s'était finalement imposée d'elle-même, au bout de quelques semaines à peine. Alors qu'ils avaient l'impression de se connaître depuis une éternité, au moins.
L'abstinence
Ils étaient d'accord sur tout. Ils désiraient s'adonner à tous les fantasmes. Assouvir tous les désirs. Juste prendre le plaisir qu'il y avait à donner. De part et d'autre.
Mais… l'abstinence ne se laisse pas chasser si facilement. Surtout quand elle est devenue un état d'esprit. Une couche à part entière du cerveau.
Refaire l'amour, ce serait comme le buveur qui décide d'entrer dans un bar et qui s'apprête à commander son premier verre debout, au comptoir, depuis si longtemps. C'est la tête qui part en vrille d'abord. Avant même que le verre ne soit servi. La tête sait déjà…
Tous ces instantanés de chairs offertes, de positions provocantes, de postures invitantes… Plus osées que nature, et toujours parfaites dans leur beauté virtuelle.
Les premières fois
La queue qui bande raide, la vulve qui dégouline. La bouche un peu sèche, et bizarrement salivante d'un coup à la vue de cette érection triomphante. L'abandon des limites, l'amnésie de sa vie sexuelle d'avant, et juste le vertige de toutes ces premières fois!
Premier regard, premier baiser, premier attouchement. Premier bouton ouvert. Première pipe… Première pénétration vaginale, première sodomie. Premier orgasme à deux. Première nuit dans les bras de l'autre.
Elle le voulait, c'était un choix mûrement réfléchi.
Elle avait tout imaginé, de A à Z, dans sa tête, et il n'y avait aucun obstacle. Aucune réticence. Que de l'envie, que du désir. Quelle chance, hein! Choisir son amant et compter fiévreusement les jours, avant de le baiser.
L'imagination
Imaginer la bouche qui approche du gland, rien n'a encore été touché, mais le frisson est déjà là, puissant. Croiser les regards, avant de poser ses lèvres sur cette queue. Avant de la lécher un peu, comme pour prendre son pouls, l'observer légèrement se relever, comme pour venir à la rencontre de la bouche. Comme pour s'offrir à la glissade qui s'en suivra, au doux frottement salivé, s'abandonner au spectacle de la bouche contenante, enveloppante… qui cherche à aspirer la longueur, l'épaisseur, la force qui s'en dégage, pour la faire fondre en saccades tout au fond de la gorge.
Imaginer la douceur du gland, cette finesse ronde et lisse, qui vient se frotter contre la vulve, comme pour taquiner, pour faire connaissance, pour s'enduire de glissant, avant de chercher son chemin dans les entrailles.
La première pénétration
Ah, mais les hommes ne savent pas… à quel point la toute première pénétration après une si longue abstinence devient un acte de foi, de communion, d'offrande… Une prise d'assaut, où l'étroitesse se resserre en défense autour du pénis intrus, comme pour prendre sa mesure – toute entière – et juger de ses intentions. Plaisir ou plaisir intense?
Et à partir de là, tout se met en branle… vite et fort! le cerveau reçoit l'information, et comme un chef d'orchestre, il mobilise les sécrétions de toute sorte: la vulve dégouline, la peau suinte, le bassin se relève, pour chercher le contact au plus loin, au plus profond… et on n'entend plus que le petit bruit des couilles qui claquent, celui des langues qui s'emmêlent, et celui des souffles courts, impatients, à la limite de la grogne caverneuse.
Et qu'on jouisse enfin, qu'on se vide, qu'on donne tout ce qu'on a dans le ventre, qu'on se remplisse de l'autre, de son sexe, de son foutre, et qu'elle se dise en silence: j'aime être baisée ainsi!
Après l'amour
Retrouver ensuite la mollesse des esprits et des chairs, rester emboîtés avec des sursauts involontaires, entendre les gargouilles du ventre, et vouloir manger un éléphant, se dire qu'on voudrait recommencer, et que le week-end sera forcément bien trop court pour toutes ces envies.
Une fois les premières faims apaisées, retrouver l'usage de la parole, redevenir coquins, timides, gênés presque de cette âpreté du désir, si longtemps contenu et si fortement recherché.
Avoir envie d'enfiler un t-shirt, une petite culotte, parce que les bonnes manières ont la peau dure, vous savez? et qu'au fond, malgré cette bonne baise, à l'ancienne, bien faite, les corps restent tendrement étrangers l'un à l'autre. Les esprits doivent encore s'apprivoiser.
La douche
Prendre alors prétexte d'une activité quelconque pour retrouver un semblant de politesse entre gens civilisés. Ahhh, illusion, tout cela n'est qu'illusion!
S'il dit vouloir prendre une douche, ohhh… elle l'accompagnera en connaissance de cause, et elle se fera une joie d'être à nouveau prise, fourrée serrée et pistonnée bien raide, bien menu. Ahh, la joie d'être le trophée qu'on vient chercher de loin, pour l'emporter haut la queue, à la sauvette!
La cuisine
Si elle dit vouloir préparer quelque chose à manger, oui, il viendra tout près d'elle, en connaissance de cause, à nouveau bandant raide, prêt à l'enfiler là, cul entièrement offert sur ce magnifique plan de travail en chêne, tout près de la salade qui attend son assaisonnement, et en comptant par les coups de rein violents les minutes de cuisson des pâtes sur le feu!
Conclusion
Ah, ce week-end… tellement rêvé, tellement parfait, tellement mérité!
Vraiment, je ne saurai vous conseiller l'abstinence très longue durée pour enfin… réellement baiser.
Vous avez écouté Déferlante, le podcast du désir!
Et de la baise bien faite.
© Supernova / Déferlante – janvier 2022. Tous droits réservés. Cette œuvre (texte, voix, personnages) est la propriété de son auteur. Toute adaptation, reproduction ou représentation est soumise à autorisation préalable.



