La D.R.H.

« Elle leur faisait passer des interviews, elle recrutait les meilleurs candidats. Elle avait un détecteur de bla-bla, une intuition implacable, et des mains fort baladeuses. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, elle était convaincue qu’une virilité sereine dans le caleçon était le reflet d’une sérénité intérieure à toute épreuve. »

Texte original et voix – Supernova, créatrice du podcast Déferlante

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📖 Transcription complète : "La D.R.H."

Déferlante – podcast provocateur... de plaisir.

Présentation

Elle leur faisait passer des interviews, elle recrutait les meilleurs candidats. Elle avait un détecteur de bla-bla, une intuition implacable, et des mains fort baladeuses.

Candidat n°1 : Louka, 27 ans

Ce matin, elle avait rencontré 3 candidats:

Le premier, assez jeune, Louka, 27 ans, à peine sorti de ses boutons, magnifiquement bâti, avec un sourire jusqu'à la Lune et retour, en première classe. Désinvolte ou presque, sûr de son charme ou presque. Mais elle détestait les à-peu-près...

Alors, elle avait commencé l'entretien en lui demandant simplement l'heure. Sans regarder sa montre, il avait répondu: - Je crois qu'il est 9h et quelques minutes, non? Il était imprécis, bizarre. Elle posa d'autres questions sur son parcours, il répondait assez bien, mais trop vite (signe d'impulsivité et de précipitation), comme s'il avait appris une leçon par cœur, dont il fallait se débarrasser.

Alors, bam! elle avait lâché: - D'habitude, vous avez besoin de combien de temps avant de bander raide? À cet âge-là, vous savez, on est vite bêtement flatté (petit conseil, travailler sur son égo). Alors il avait pouffé de rire, avant de répondre d'une voix vraiment coquine: - Comme ça, à froid? Ou avec un petit encouragement?

Elle n'avait même pas levé les yeux de son CV, elle attendait juste la réponse. Il répondit embarrassé (faire hm-hm): - 3 minutes max (?).

Elle avait poursuivi l'entretien, mais pile-poil 3 minutes plus tard, elle avait discrètement lancé un compte-à-rebours sur son téléphone, elle s'était levée de son fauteuil, elle avait contourné le bureau pour venir toucher son entrejambe, en resserrant bien sa verge en main, à travers le tissu. Elle n'était pas dure.

Le candidat fut recalé, avec un petit conseil à la clef: "Pour être crédible, toujours faire ce que l'on annonce, toujours respecter les délais, et ne jamais se vanter!" Elle laissera passer 3 semaines, avant de le recontacter pour lui proposer gratuitement 3 séances de coaching. S'il est à la hauteur de son potentiel, il acceptera. Et il en sortira grandi. Sinon, tant pis.

Candidat n°2 : Mirko, 32 ans

Le deuxième candidat semblait plus posé, plus retenu et plus discret dans sa façon d'être. Il s'appelait Mirko, il avait 32 ans. Méfiant, peut-être? Ou simplement stressé?

Elle fit le choix d'être distante, presque désagréable, juste pour le repousser dans ses derniers retranchements et tester son zen! Elle ne le laissait jamais finir ses phrases et elle le regardait à peine. Au bout d'une demi-heure d'entretien, soudainement... il garda un long silence calmement, pendant qu'elle faisait semblant de relire encore une fois son CV.

Puis avec un soupir à peine exaspéré, il se leva. Sans même le regarder, elle lui dit: "- Asseyez-vous, je n'en ai pas fini avec vous!" "- Mais moi si, j'en ai fini avec vous, je m'en vais! Je ne suis pas certain de vouloir travailler pour quelqu'un comme vous." Il était fâché mais très calme. Le ton était mesuré. Le grief venait d'être exprimé, sans en faire trop.

Elle éclata de rire, puis lui demanda de but en blanc: - Combien de centimètres en érection? Sans réfléchir, il répondit: "- un peu plus de 16".

Elle se leva, contourna son bureau et campa sur ses Louboutins, bien droite devant lui. Et elle attendit calmement. Il se leva de sa chaise, il défit sa ceinture, puis la tirette de son pantalon, pour abaisser légèrement son caleçon. Sur l'élastique du caleçon, il y avait le mot "Boss".

Leurs regards restaient toujours croisés, un peu comme dans le jeu "le premier qui cligne des yeux a perdu". Il lui prit sa main droite et la glissa dans son caleçon, contre son sexe. Queue chaude et raide, de très belle allure, avec un déploiement de 16 cm minimum, en effet!

- Mirko, vous êtes parfait, je vous prends à l'essai pour 6 mois.

Candidat n°3 : Drago, 46 ans

Le troisième candidat, Drago, 46 ans, avait un air de moine bouddhiste. Tête rasée, ceinture noire de judo, aha! très bien, il avait de la rigueur. Pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle, bien! Excellent, il avait de l'endurance, il était capable de se mobiliser pour un but bien précis.

Après toute une série de questions rêches, à propos de son expérience et de ses motivations, en lisant à haute voix dans la rubrique "détails personnels" : Végétarien et adepte du jeûne intermittent, elle demanda de façon presque dédaigneuse: "- Et vous bandez encore, avec ça?"

À peine surpris, il prit son temps avant de répondre, on aurait dit qu'il cherchait parmi les 4 accords toltèques de Don Miguel Ruiz... "- Eh bien Madame, non seulement je bande, mais je tiens toute la nuit."

Et il avait dit ça, sans aucune vantardise. Calme et posé. "- Pourquoi vous ne souriez pas?" "- Je le ferai, dès que vous m'aurez engagé." "- Je vous prends à l'essai pour 6 mois" dit-elle sans réfléchir, juste au feeling. Elle savait déjà qu'il ferait un excellent "team leader" comme on dit de nos jours.

Ah oui, d'accord!... Le sourire de ce mec... oufff à se plonger dedans toute nue pour jouir à répétition de la tête au pieds. Et tenir toute la nuit.

"- Voici le dossier pour les ressources humaines, vous complétez tout ça, prenez votre temps. En sortant, sur votre droite, Marine, mon assistante, vous donnera toutes les informations nécessaires. Vous commencez lundi prochain. Réunion d'équipe à 9h30 précises."

Elle se baignait toujours dans leurs sourires... hm agréable sensation, comme une caresse veloutée pour son ego féminin surdimensionné. Ces deux hommes, ils feront d'excellentes recrues.

La théorie du recrutement

Alors, vous êtes sûrement en train de vous dire qu'elle les recrute pour des films pornos? Ou pour une agence d'escorts?

Ouais, je vous l'accorde, on pourrait facilement le croire, si l'on juge d'après ses méthodes de recrutement, en effet, pas très catholiques. Pas très politiquement correctes non plus. Sauf que, non... tous ces hommes étaient recrutés pour un chantier extrêmement complexe, du génie civil pour une infrastructure vitale. Oui, ils avaient tous des diplômes d'ingénieur, sinon ils n'auraient même pas été conviés à l'entretien d'embauche, mais elle voulait bien plus que des ingénieurs.

Il lui fallait des mecs bien ancrés, la tête sur les épaules, et la verge bien entre les couilles. Façon de parler...

Sa théorie, on y croit... on y croit pas, sa théorie était que les mecs sûrs d'eux-mêmes par rapport à leurs capacités sexuelles, étaient bien plus aptes à gérer le stress, ils étaient plus créatifs aussi, leur esprit était moins encombré de doutes furtifs ou de paniques presque existentielles.

Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, elle était convaincue qu'une virilité sereine dans le caleçon était le reflet d'une sérénité intérieure à toute épreuve, par exemple, en situation de crise, quand il faut gérer la pression, le stress, quand une décision erronée pourrait s'avérer lourde de conséquences. Financières, bien sûr, mais pas que.

Pour elle, ces hommes possédaient une qualité rare, qu'elle recherchait en priorité: la maîtrise de soi. Physique et psychique, une sorte de force qui avance sans démolir et sans douter. Et selon elle, chez un homme, cette force-là trouve sa source dans le caleçon.

Comment dites-vous? Que de nos jours, elle serait certainement poursuivie pour attouchement ou harcèlement? Sûrement, mais.... figurez-vous que, justement, aucun homme ne l'avait poursuivie.

Il lui était même arrivé qu'un jeune candidat froidement recalé en 10 min à peine, prenne contact avec elle un an plus tard, pour demander une seconde chance. Et après avoir obtenu le poste suite à ce deuxième essai, il avait dit en sortant de son bureau, d'une voix claire et posée: - Grâce à vous, grâce à votre douche froide, je me suis pris en main, j'ai travaillé sur ma confiance, et...

"- Oui, je vois ça. Vous êtes très différent de celui que vous étiez il y a un an. Vous me semblez bien plus grand, le dos bien droit. J'imagine que votre amoureuse en est ravie"... dit-elle en rigolant. "- Mais oui, tout à fait, ça aussi, mais j'ai surtout appris à prendre des risques, à faire des choix. Comme vous, l'indécision était le défaut que ma copine me reprochait le plus. Au lit d'abord, mais dans la vie de tous les jours aussi."

La question du double standard

Comment dites-vous? Et si c'était l'inverse? Qu'un homme recrute une femme et qu'il la touche de cette façon, intime, impudique? Bien au-delà du cadre strictement professionnel classique? Qu'il touche évidemment non pas la verge, mais disons la poitrine... Ts ts ts, vous êtes un petit rigolo vous? Depuis quand les femmes pensent avec leurs seins?

Dois-je vous rappeler ce que dit la sagesse populaire? Avoir une bite dans le cerveau, penser avec sa bite, être con comme une bite. Bref... "Le pénis ne ment jamais."

C'est une autre façon de dire que les hommes gèrent leurs émotions au niveau du bas-ventre. Il n'y a pas de mal à ça, bien au contraire. Être lucide au niveau du bas-ventre est un atout. Si un homme est confiant au lit, c'est aussi un gage de confiance pour d'autres aspects de sa vie. Si un homme est un bon amant, il fait souvent l'amour, il secrète souvent de la dopamine, l'hormone du bonheur, alors il est mieux armé pour faire face aux défis, à l'imprévu. Ce n'est rien d'autre que de la chimie. Une sorte de cercle vertueux, du mec qui est bien dans sa peau, jusqu'au bout de sa queue.

Et bon, puisqu'elle avait une expérience assez vaste à propos des hommes et de leurs petits secrets, elle avait fermé son cabinet de psychothérapie, pour devenir d'abord chasseuse de têtes, pour des profils extrêmement rares.

Au bout de 2 ans, on lui avait proposé le poste de Directrice des ressources humaines dans la filiale européenne d'un grand groupe multinational. Sa hiérarchie connaissait ses techniques de recrutement.

D'ailleurs, pour son entretien d'embauche, elle avait fait un brillant exposé devant la crème de la mousse du Comité directeur. Ils étaient restés sans voix, visiblement embarrassés. La tension était palpable dans la salle de réunion, quand elle en sortit pour les laisser délibérer. Aux postes importants, tous des hommes. Il n'y avait qu'une seule femme parmi les 11 membres du Comité directeur, c'est dire!

Pour finir, ils avaient dû voter et le vote avait été très serré. Ce fut le vote de Madame Louise Danjean qui avait fait pencher la balance en sa faveur. Henry de Beloeil, le PDG, lui avait annoncé le résultat du vote, puis, en lui serrant la main pour la féliciter, il avait ajouté d'une voix froide: "- À la première plainte, vous serez dehors, sans préavis."

Sans rien répondre, elle avait promené lentement son regard tout le long de sa jolie cravate Hermès jusqu'à son entrejambe, où elle s'attarda un moment, un long moment, pour revenir ensuite sur son visage. Oh, monsieur de Beloeil rougissait...

Elle pensa en elle-même: "- Je crains que vous ne quittiez votre fauteuil bien avant moi, vous suintez la frustration du grand PDG à petite quéquette."

Conclusion

Vous avez écouté Déferlante, le podcast du désir.

© Supernova / Déferlante - octobre 2021. Tous droits réservés. Cette œuvre (texte, voix, personnages) est la propriété de son auteur. Toute adaptation, reproduction ou représentation est soumise à autorisation préalable.

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