Henry et Lila

Henry invita Lila à danser. Les voilà, serrés l’un contre l’autre, au plein milieu de cette petite foule en train de s’amuser, sans faire attention à eux… Leurs corps se frottent l’un à l’autre. La main d’Henry glisse dans le dos, jusqu’au creux des reins qui, instinctivement, se cambrent de désir.

Ecouter en entier la série érotique « Lila ».

Texte original et voix – Supernova, créatrice du podcast Déferlante.

📖 Transcription complète : "Henry et Lila"

Déferlante – podcast provocateur de plaisir.

La grande annonce

La soirée se passa presque sans encombres. Henry et Lila se tournaient autour à distance, dans un ballet de séduction et d'excitation, imperceptible pour tous autres les gens présents dans l'appartement.

Pour sa part, Léna était aux anges, souriante, confiante. Elle avait timidement annoncé la grande nouvelle à tout le monde: elle était enceinte. Elle et Henry allaient devenir parents. Et ils étaient heureux... Et ils s'étaient tous les deux embrassés sur la bouche.

Puis, à son tour, Henry ajouta qu'ils avaient enfin trouvé la maison de leurs rêves sur les hauteurs, à l'extérieur de la ville. Le compromis de vente allait être signé lundi matin à la première heure. C'était une surprise qu'il faisait à Léna, qui fut tellement émue, qu'elle s'accrocha à son cou, pour l'embrasser sur la bouche encore une fois... cette fois-ci passionnément.

Tout le monde y alla de leurs: "ooh", "aah", "bravo", "félicitations", "tous nos vœux de bonheur"!

Les regards

Lila observait Henry, qui lui retournait les coups d'œil en cachette. Ils se suivaient l'un l'autre du regard, furtivement, comme le guépard surveille sa proie: en attendant juste le bon moment pour bondir, pour se jeter dessus et n'en faire qu'une bouchée.

Peu après 10h du soir, Henry invita Lila à danser. Les voilà, serrés l'un contre l'autre, au plein milieu de cette petite foule en train de s'amuser, sans faire attention à eux. Leurs corps se frottaient l'un à l'autre, comble de l'excitation... La main d'Henry qui glisse dans le dos, jusqu'au creux des reins, qui, instinctivement, se cambrent de désir... Le bas-ventre de Lila, collé contre cette érection qu'elle ne peut toucher, devant tout le monde.

L'envie d'Henry d'embrasser cette belle bouche, puis descendre dans le cou, et enfin passer sa langue sur les seins. L'excitation de Lila lorsque la bouche d'Henry, tout près, quasi collée dans son cou, lui glisse à l'oreille, juste avant la fin de la chanson:

- Je te désire.

Et la réponse qui ne se fait pas attendre:

- Alors, prends-moi...

La salle de bain

Un quart d'heure plus tard, Lila s'éclipsa dans la salle de bain. A peine quelques secondes après, Henry entra, comme un voleur, mais la braguette déjà ouverte, et sa queue bien raide en main. Il verrouilla la porte puis, sans attendre, il la pénétra, en Maître de maison, là debout, contre le rebord du double lavabo en marbre. Une jambe relevée, en équilibre instable. Fermement, sans flancher, et sans autres fioritures.

Lila jouit violemment, comme jamais auparavant. En fait, dans sa tête, elle jouissait déjà bien avant, rien qu'à l'idée... de ce qui allait se passer, avant même d'être touchée par Henry. Et ce qui s'ensuivit fut comme le feu d'artifice du 31 décembre, mais au plein milieu du printemps!

Et quand Henry éjacula enfin, souffle silencieux et sourd, presque asthmatique, ils étaient tous les deux au paroxysme de la jouissance. C'était l'interdit, c'était le risque de se faire surprendre, c'était l'inattendu de la situation. Tout ça... remplissait leurs cerveaux d'adrénaline et leurs bas-ventres d'une excitation à peine supportable.

Oui, il leur fallait baiser, dru et fort, pour s'en libérer. Pour pouvoir revenir à un semblant de civilité, à un semblant de bonnes manières, et de savoir-vivre en société.

Queue désormais molle, bien rangée dans son caleçon, et couilles bien allégées, Henry sortit de la salle de bain de la même façon qu'il était entré: comme un voleur.

La nausée de Léna

Lila passait de l'eau sur son visage, lorsque Léna frappa à la porte. Elle devait vomir, elle avait la nausée, puisqu'elle était enceinte. Et d'un coup... le souvenir de leur complicité de longue date était à nouveau là, quasi intact.

Non, mais... combien de fois dans leur jeunesse insouciante, elles s'étaient tenues l'une l'autre les cheveux en arrière, après des fêtes bien trop arrosées, pour vomir dans les wc crades de ces bars d'étudiants où elles passaient le plus clair de leur temps libre? Prendre soin l'une de l'autre...

Alors se retrouver, 10 ans plus tard, dans le penthouse du dernier étage d'un immeuble super chic... ne changeait absolument rien à la chose! Leur tendresse était exactement la même.

Et Lila, le bas-ventre encore frémissant, plein à ras bord des coups de reins d'Henry, tenait calmement les cheveux de Léna en arrière et lui répétait doucement:

- ça va aller, ça va aller, ne t'en fais pas, ma belle, ça va aller.

Ce fut le moment précis où elle décida que le sexe avec Henry c'était fini. Une bonne fois pour toutes.

La culpabilité

Puis, elle accompagna Léna jusqu'à la chambre à coucher et l'aida à s'allonger. Un peu pâle, Léna lui prit la main et lui dit:

- Je suis tellement contente qu'on se soit retrouvées toutes les deux. Tu sais... tu m'as manqué pendant ces années, mais te revoilà. Alors, je veux tout savoir, raconte-moi.

Parmi toutes les émotions humaines, la culpabilité est une force absolue. On n'échappe pas à sa puissance, une fois qu'elle vous prend à la gorge! On dirait vraiment le guépard, qui s'abat enfin sur sa proie. Lila répondit:

- Ecoute, repose-toi, on aura tout notre temps. Moi-même, je suis un peu fatiguée, au boulot, j'ai eu une semaine dingue, je crois que je vais rentrer. Tu as mon numéro, on se rappelle.

Lila embrassa tendrement Léna sur la joue, se leva et se dirigea vers la porte.

- Lila, avant de partir, tu veux bien dire à Henry de venir un moment, s'il te plaît.

- Oui, bien sûr...

Le départ

De retour dans le grand salon, Henry s'approcha d'elle à pas de loup. Il respirait encore le désir, cru, puissant, irrationnel. À moins d'un mètre devant elle, il lui dit en souriant:

- J'ai encore envie de toi là, tout de suite. Je rêve de te prendre devant tout le monde.

Lila marqua une pause, avant de répondre:

- Léna te demande dans la chambre à coucher. Elle a la nausée. Je crois qu'elle est contagieuse: car moi aussi.

Surpris, Henry répondit calmement:

- Je vois... Tu es sur le point de partir? je te raccompagne...

Ils se dirigèrent vers l'ascenseur, tendus comme des arcs à flèches. Souriant, il poussa nonchalamment sur le bouton. La fête battait son plein. Les invités dansaient. Tout semblait normal.

L'ascenseur

L'ascenseur arriva. Une fois à l'intérieur, Lila lui dit d'une voix neutre, en guise d'au revoir:

- Henry, tu sais que nous n'allons plus jamais baiser ensemble.

A ces mots, au dernier moment, Henry se glissa dans l'ascenseur aussi. Les portes se refermèrent. Et quand il s'approcha d'elle, quasi au ralenti, pour l'embrasser à pleine bouche, pour l'embrasser dans le cou, alors... elle se laissa aller.

- Une dernière fois pensa-t-elle.

Des phéromones, des sécrétions, de la sueur, de l'avidité, du désir fort, et du plaisir coupable. Sans oublier ce sentiment indicible d'être vivant, tout feu, tout flamme. Plus vivants et plus forts que le reste de l'humanité.

Et à ça... ils n'étaient pas prêts d'y renoncer de leur plein gré. C'était trop fort, c'était trop bon. Et tant pis pour les conséquences.

Conclusion

Vous avez écouté Déferlante, le podcast du désir.

© Supernova / Déferlante – mai 2021. Tous droits réservés. Cette œuvre (texte, voix, personnages) est la propriété de son auteur. Toute adaptation, reproduction ou représentation est soumise à autorisation préalable.

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