Bertrand

📩 Message de Bertrand

Bonjour,

J'aime beaucoup votre podcast! Il a une coloration que je ne retrouve pas ailleurs et qui me convient bien. En tout cas, il fait fonctionner mon imagination. Votre diction est incroyable, je reste rivé à mes écouteurs à chaque écoute.

J'ai écrit un texte, assez important pour moi, et j'aurais aimé vous le transmettre pour savoir si vous accepteriez de le lire. Ce serait sans doute la meilleure des façons de partager une expérience à la fois très sexuelle, mais aussi très profonde pour deux êtres à un moment donné de leur vie.

Accepteriez-vous d'y jeter un œil?

Bonne journée,
Bertrand

✍️ Réponse de Supernova

Bertrand,

Tout d'abord, je vous remercie pour vos jolis compliments. Le français n'étant pas ma langue maternelle, je fais (en effet) un effort de prononciation. Mais ce sont surtout les respirations et le ton posé, qui vous font de l'effet, parce que vous avez ainsi l'occasion de visualiser, d'imaginer à votre aise.

Je sais que d'autres podcasts vont plus vite, font du remplissage musical, mais moi... je préfère prendre mon temps, avec une approche très minimaliste: une histoire, une voix, et du temps devant soi. Jouir demande de la patience.

Pour ce qui est de votre texte, je le lirai avec plaisir. Je comprends que vous aimeriez que j'en fasse la lecture, dans un épisode du podcast. Ceci est possible, j'ai déjà fait des collaborations.

Précision importante: au risque de vous décevoir, je ne suis pas en mesure de seulement lire un texte (qui n'est pas le mien). J'ai besoin d'ajouter ma touche créative et le filtre Déferlante. Enrober le texte de mes émotions, pour mieux le mettre en valeur (j'espère).

Si le principe vous convient, alors envoyez-moi votre texte. Ensuite je vous dirai TRES honnêtement ce que j'en pense, ce qu'il éveille chez moi, si une collaboration est envisageable et de quelle façon.

En vous remerciant pour votre écoute, au plaisir de vous lire bientôt,
Supernova

📩 Message de Bertrand

Bonjour Supernova,

Merci pour votre réponse. Votre accent ajoute bien sûr au charme du podcast, mais je pense qu'il y a quelque chose de spécial dans le choix des mots et de leurs sonorités. J'y décèle un plaisir de jouer avec le rythme et les sons. Peut-être cela vient du fait que le français n'est pas votre langue maternelle, même si vous le maîtrisez, de toute évidence, à la perfection. Vous y voyez et entendez une plastique sur laquelle ne s'attardent plus les personnes dont c'est la langue maternelle.

J'aime les podcasts qui parlent d'amour et de complicité à travers le sexe. C'est exactement le propos de mon texte, même si je ne peux pas savoir si vous y serez sensible mais... tout de même, il parle de complicité, de différence d'âge, et d'empowerment à travers une pratique sexuelle qui laisse tout contrôle à la femme. En tant qu'homme je voulais partager avec des femmes, et peut-être des hommes, ce moment qui a marqué ma vie.

Je vous transmets donc le texte (ci-dessous), et j'ai bien noté toutes vos précisions avec lesquelles je n'ai aucun problème, faisant confiance à votre discernement. Soyez honnête lorsque vous me direz ce que vous en pensez, le plus important pour moi étant déjà de l'avoir couché sur papier. S'il peut aller plus loin tant mieux, sinon cela n'a aucune importance. Le maintien de la qualité de votre podcast reste de toute façon capitale.

En vous remerciant pour votre attention et pour cet échange,
Bertrand

✍️ Réponse de Supernova

Cher Bertrand,

Il est des trésors dont on ne veut pas se défaire. Pendant longtemps. Bien cachés à l'intérieur de nous, ils sont la boussole de notre manque et de notre désir.

Votre texte est un de ces trésors. Et je suis d'autant plus émue que vous ayez choisi – de tous les podcasts érotiques de France et de Navarre – le modeste podcast Déferlante, fait par une exilée de longue date au pays "des frites et des moules, des moules et puis des frites..."

Ce que votre récit m'inspire? En vrac, plusieurs énergies de vérité :
• Vous êtes probablement écrivain (il ne m'appartient pas de connaître les détails, ni de savoir pourquoi il vous serait difficile de le rendre public en plume propre). Si vous ne l'êtes pas, vous devriez.
• Cette merveilleuse rencontre, vous l'avez vécue sans la « rêver », comme dans "l'enfant rêvé, l'enfant réel"... J'entends par là que, malgré le soin d'écriture évident, vous n'avez pas (sur)embelli. Vous avez juste détroussé votre âme de ce trésor brut, tristesse comprise. Il fallait que cela sorte (et que cela tombe sur moi).
• Votre énorme confiance me pose aussi un énorme défi: que pourrais-je dire ou ajouter de plus, pour faire de votre trésor une déferlante d'émotion, de vraie-vie ?

À vrai dire, votre récit est déjà rond, entier, plein d'une vraie-vie qui se raconte d'elle-même. J'aurais rêvé d'être cette femme. Il me vient à l'esprit que la catégorie « collaboration » n'est pas le meilleur choix. Une autre option serait "une histoire vraie", comme avec les épisodes "Candeur" et "20 ans de désir". Des gens qui m'ont spontanément/sereinement confié leur vécu – chagriné, mais aussi porteur d'espoir – pour que je le mette d'abord en mots (les miens) et puis en voix (avec un léger accent réputé sexy). Ils étaient prêts.

Je vous invite à écouter mes/leurs histoires vraie-vie, rien que pour apprivoiser ma façon de manier les trésors des autres.

Question: comment porter votre récit à bout de souffle, de mots et de voix... sans l'abîmer, malgré ma meilleure-bonne-volonté? Je dois encore réfléchir à cette pirouette.

Je relirai encore et encore votre récit jusqu'à ce que je l'aie « vécu » de l'intérieur. Ensuite seulement, je serai en mesure de le raconter à sa juste valeur.

La podcasteuse que je suis (ou que je rêve d'être) s'apparente de façon lointaine à la conteuse d'autrefois. Celle qui passait de village en village, et racontait des histoires vraies, de cœur, de sagesse et de vie, autour du feu. Dans mon cas, ce sont des histoires pour adultes (si j'en crois les retours, des adultes avec un cœur d'enfant, souvent). Des histoires qui, modestement, f(er)ont avancer le schmilblick de nos émotions.

Encore une fois, je vous remercie beaucoup pour votre tendresse, un peu moins pour la/les nuit(s) blanche(s) en perspective. Patience, je reviendrai vers vous avant la fin de la semaine, pour vous dire si pirouette il y a.

Je vous embrasse,
Supernova

📩 Message de Bertrand

Chère Supernova,

Podcasteuse de tous les frissons. Je suis très touché d'avoir été compris mais je n'en suis pas surpris: votre sensibilité est une évidence lorsque l'on vous écoute et lorsque l'on regarde les sujets que vous choisissez de traiter. C'est pourquoi je me suis tourné vers vous.

Vos compliments m'ont également fait très plaisir mais aussi un peu attristé, et j'en étais moi-même surpris. Je ne suis pas écrivain, ni même littéraire, et je ne tiens pas à diffuser d'autres textes pour le moment même si j'ai la chance et le malheur d'avoir vécu des choses puissantes. J'ai aussi une position un peu publique sur certains sujets d'une toute autre nature, et cette position irait mal avec ce registre. Mais cela est une autre affaire... Une prochaine fois peut-être... et vous, publiez-vous d'autres essais en dehors de ce podcast? Si vous ne le faites pas, vous devriez 😉

Quant aux aspects pratiques, c'est une histoire vraie, et donc elle peut tout à fait entrer dans la lignée de "Candeur" et "20 ans de désir", qui sont d'ailleurs des histoires si touchantes. Encore une fois, je vous fais confiance pour l'adaptation ou la pirouette. Si la gymnastique vous paraît compliquée, ou si vous voulez vous laisser le temps de la réflexion, je n'aurai bien évidemment aucune objection à formuler.

Je vous embrasse également, en espérant que la Belgique a aussi droit à son début de soleil de printemps,
Bertrand

✍️ Réponse de Supernova

Cher Bertrand,

Habemus pirouettam! Autrement dit, je m'engage à vous faire écouter "votre" épisode, sur le podcast Déferlante. Je sais (pour moi aussi) c'est un peu inattendu, un peu précipité, mais j'aime tellement cette histoire, que je suis prête à bousculer ma programmation! De quelle façon? Ce sera le secret de fabrication Déferlante, si vous le voulez bien.

Il y a plusieurs options possibles (une préférence?):
- votre récit en tant que "lettre" écrite et jamais envoyée, par hasard "retrouvée" dans le grenier d'une maison qui vient d'avoir de nouveaux propriétaires, 15 ans plus tard.
- votre récit, mais raconté par la femme mystérieuse de votre rencontre. Pas par vous (gloups).
- votre récit, mais partiellement ré-écrit par moi – Supernova – totalement gagnée à la cause de cette magnifique rencontre. Séduite, envieuse (un peu).

Sur ce, je me dois de vous dire – comme je l'ai officiellement fait, aussi bien pour les collaborations (textes qui m'ont été confiés) que pour les "histoires vraies" – que vous devez vous préparer à plusieurs choses:
1) Oui, c'est votre vécu, votre histoire, vos émotions, vos souvenirs, mais... Cette jolie fleur, si vous me la confiez, j'en prendrai soin à ma façon. Ne vous attachez pas aux détails, ni au Polaroid que vous en avez. Ne soyez pas (trop) déçu, tout au plus laissez-vous surprendre. En écoutant, adoptez la posture de l'observateur.
2) attendez-vous à un retour de manivelle émotionnelle! Larmes aux yeux et cœur serrés possibles. Lâcher la main de bébé, malgré la confiance qu'il s'en sortira = aussi un vide, un manque.
3) prenez votre temps avant d'écouter. Souvent, par excitation, par impatience... on se précipite, alors qu'on n'est pas "en état" d'écouter réellement. On me l'a déjà dit "je n'étais pas prêt, ce n'est qu'à la 2e écoute que j'ai apprécié" (je voudrais vous éviter la déception). Entendre c'est une chose... écouter, c'est encore autre chose. Comme disait Omar Sy dans son personnage Lupin: "vous m'avez vu, mais vous ne m'avez pas regardé". Si possible, faites de cette écoute un vrai rendez-vous, une sorte de face-à-face intime avec une partie de vous-même.

Je ne vous connais pas, je ne vous rencontrerai probablement jamais, mais si vous êtes arrivé "jusqu'à moi" c'est qu'il doit y avoir une bonne raison: aurais-je des choses à vous faire apprendre sur vous-même? Rien n'est moins sûr.

Pour le dire platement: "il faut donner sa chance au produit". Ecoutez sans être interrompu, avec un (bon) casque, accordez-vous un vrai moment de tendresse pour honorer, 15 ans plus tard, la beauté de la rencontre avec cette femme splendide. "Get closure" comme disent les Anglais.

Longue tartine déjà... mais quand on aime (les mots), on ne compte pas.

Pour répondre brièvement à votre question: non, je ne "publie" pas vraiment ailleurs, le rejet me fait peur. Ascendant Scorpion. Travailler sur votre texte me fait peur, mais j'apprends à surmonter. Signe du Lion.

N'oubliez pas de répondre à ma question, je vous embrasse tendrement,
Supernova

📩 Message de Bertrand

Très chère Supernova,

Votre retour m'a fait très plaisir, et votre intention me comble. Merci infiniment.

Il est vrai que le problème du récit à la (proustienne) première personne se pose cruellement dans notre cas puisque vous devez le transposer avec votre voix. J'avoue qu'il y a quelque chose d'un peu transgressif à vous entendre lire ceci à la première personne, à la place d'un homme. Cela me plaît et donne encore plus de sens au récit, je trouve, car l'idée est bien de parler de deux âmes qui se croisent, le distinguo homme-femme perd de son importance. Vous semblez aimer la physique quantique, il y a un peu du phénomène d'intrication dans cette rencontre: deux particules se croisent intimement et leurs états respectifs ne seront plus jamais dissociés après.

J'aime donc bien la première option, il faudrait alors accommoder l'histoire pour les dates, peut-être en ajoutant au début de la lettre une note du style: quinze ans plus tard, j'ai voulu t'écrire cette lettre et te l'envoyer; n'est-il pas trop tard? Et indiquer que lettre et note ont été perdues dans un énième déménagement ou autre, je vous laisse faire, c'est votre patte, et vous savez raconter comme personne. Et d'ailleurs, je vous laisse faire les changements que vous souhaitez, je suis maintenant sûr que vous respecterez le fond de cette histoire.

Je reste encore ouvert à un changement, si d'aventure vous aviez une autre idée.

Ma désormais très chère amie dont il est question dans cette histoire (vraie) n'écoutera sans doute jamais ce podcast, car elle vit aux antipodes (en Nouvelle-Zélande) et n'est pas francophone, ni son entourage d'ailleurs.

J'écouterai l'épisode sans doute le lendemain, car ma très prenante vie de famille ne me laissera pas la marge émotionnelle le soir de la publication; j'aurai en revanche la chance d'être seul le lendemain. Je me prépare...

Votre histoire pique ma curiosité, mais je ne voudrais pas non plus être indiscret. En revanche, je voudrais ajouter une chose: se perdre, c'est accepter d'agrandir la carte de son existence en partant à l'aventure. C'est aussi se donner la chance de mieux situer le point de départ de sa propre existence. Je plains ceux qui n'acceptent jamais de se perdre, ils n'auront jamais le bonheur de gravir des états de compréhension plus élevés de ce monde qui les entoure, doutes compris. Vous faites bien de continuer ce travail avec vous-même!

En vous remerciant pour cette merveilleuse réciprocité dont vous faites preuve,
Je vous embrasse affectueusement,
Bertrand

✍️ Réponse de Supernova

Bonjour, Bertrand,

et merci pour votre adorable message. Nous voilà 3 jours avant le Jour J.

J'avais ré-écrit votre texte dans la version "je" féminin. J'ai même fait un essai audio... et j'ai directement été submergée par le syndrome de l'imposteur. Malgré le fait que j'adore cette histoire. Malgré le fait que je me suis appliquée à rendre les émotions avec un filtre féminin. Malgré l'envie dingue de "m'approprier" (en tant que voix féminine) le récit.

Le résultat était boiteux, sonnait creux-emprunté (à mon goût) et me mettait mal à l'aise. "Non, tu n'as pas vécu cette magnifique histoire, arrête de (te) la raconter!"

Visiblement, il est des récits qu'il ne faut pas (trop) modifier. Et le vôtre, obviously, en fait partie. Je ne dépose pas les armes pour autant.

Changement de stratégie: je fais le choix du récit d'homme, avec un filtre Déferlante et une voix féminine. Drôle de mélange sûrement, mais faites-moi confiance, il sonnera plus juste.

Je peaufine le filtre, je raccourcis et j'élague un peu le récit, sinon l'épisode dépassera les +/-20min. Pour vous rassurer, je prends des mini-libertés, en matière de forme, pas de contenu. Et je vous donne rendez-vous à partir de mercredi soir, 20h.

Je vous embrasse,
Supernova

📩 Message de Bertrand

Très chère Supernova,

Merci pour votre message. Je suis très touché par tout ce travail que vous faites autour de ce texte. Le résultat sera à coup sûr une véritable lame de fond, comme à votre habitude 😉

Pour les mini-libertés, ne vous en faites pas: si on ne les prend pas ici, alors je ne sais pas où nous pourrions encore en prendre.

Je pense que l'intérêt de votre podcast est de présenter des colorations très variées: on y retrouve de la tristesse matinée de profondeur voire de spiritualité (La gitane, Klara), de la joie, de la fraîcheur (Le petit-copain de Luna), des fantasmes pour du plaisir pur jus et sans détour (Dans les règles de l'art). Toutes ces colorations ne sont pas souvent associées au sexe, séparément ou au même endroit, mais elles font pourtant bien partie de la vie: alors le sexe aussi reflète nos états d'âmes.

C'est comme cela que je vois beaucoup d'humanité et de psychologie à travers vos histoires, à mille lieux du porno "de base". C'est pour cela que je pense qu'un recueil de vos textes pourrait être progressiste, dans l'air du temps, singulier, casseur de barrières... En tout cas, je serai le premier à l'offrir à ma compagne qui pourtant est bien timide sur le sujet, car elle apprécierait sans doute cette approche holistique qui est la vôtre.

Je vous embrasse affectueusement, et j'attends mon épisode avec impatience...
Bertrand

✨ L'épisode "La confiance" a été publié.

📩 Message de Bertrand

Très très chère Supernova,

Je viens d'écouter l'épisode, et je tenais à vous remercier du fond du cœur. Contrairement à vos craintes, votre diction est tout à fait à la hauteur du texte, très juste, très émouvante, très excitante aussi.

Je savais que j'avais raison de vous confier le texte, merci infiniment pour votre écoute, votre justesse, votre intelligence, et merci de l'avoir jeté à la mer dans sa bouteille radiophonique... L'épisode m'a beaucoup ému.

A bientôt, je vous embrasse,
Bertrand

✍️ Réponse de Supernova

Bonjour, Bertrand,

et merci pour votre adorable message.

Vous m'en voyez soulagée. Déjà, ce n'est pas une mince affaire de jongler avec des émotions (reliées au sexe et à l'intime) et encore plus, lorsqu'il s'agit des émotions des autres. J'ai toujours peur d'abîmer le vécu, ou du moins le souvenir (émotionnel) de ce vécu.

Je suis désolée pour ma voix cassée, c'est tombé sur votre épisode. Pour me consoler je me disais qu'une voix plus rauque, plus masculine pouvait finalement convenir à votre récit.

Au plaisir de faire votre connaissance un jour,
je vous embrasse,
Supernova.