S’il rentrait après minuit, alors elle était sûre qu’il allait la baiser. Leur cinéma était réglé comme du papier à musique. Toujours intense, tel un film à suspense, dans lequel on attend la délivrance.
Texte et voix – Supernova, créatrice du podcast Déferlante
📖 Transcription complète : "Après minuit"
Déferlante – podcast provocateur de plaisir.
Le rituel
Ils avaient emménagé ensemble, mais dans sa tête, lui... il était toujours libre. Libre d'aller et de venir à sa guise.
Elle, elle se sentait surtout... libre de l'aimer tel qu'il était. Ils n'étaient pas ce qu'on pourrait appeler un couple classique... Qui va d'abord au restaurant, pour coucher ensuite. Non, eux, ils n'avaient pas besoin de prétexte pour coucher. Et, c'est bien connu d'ailleurs, le sexe est tellement meilleur le ventre vide.
Ils n'étaient pas non plus comme ces couples qui vivent serrés-collés, comme des enfants orphelins effrayés par le monde tout autour. Non, dans leur couple, quand il passait la soirée dehors, avec je ne sais qui, généralement avec ses potes, elle ne l'attendait pas pour se mettre au lit. Pour quoi faire? On ne pouvait jamais savoir vers quelle heure il allait rentrer.
Mais, une chose était sûre : s'il rentrait après minuit, alors elle savait pour sûr qu'il allait la baiser. Leur cinéma était réglé comme du papier à musique. Toujours intense, un peu comme un film à suspense, dans lequel on attend à la fin la délivrance.
Le rituel nocturne
La porte d'entrée refermée et les clefs jetées sur la petite table à l'entrée, généralement la réveillaient. Chaud au ventre... Elle l'écoutait ensuite enlever ses baskets, ouvrir la porte du frigo, boire je ne sais quoi, à même la bouteille, claquer la porte du frigo, passer ensuite à la salle de bain, pisser un bon coup, se brosser les dents, puis enlever son jeans, qu'il laissait toujours tomber et la boucle de la ceinture faisait du bruit sur le carrelage. Passer rapidement sous la douche... Puis dans le silence de l'eau enfin arrêtée, on entendait le déclic de la lumière éteinte à la salle de bain, puis le bruit de ses pieds nus sur le plancher, et le léger basculement du matelas, lorsqu'il se glissait dans le lit, en tirant sur la couette.
Dans sa tête, elle comptait jusqu'à 20 avant qu'il ne vienne se coller tout trempé contre elle, dans son dos. Son gel douche sentait bon le vétiver, le cèdre et il s'achevait dans une pointe de bergamote. C'est elle qui lui avait commandé cette fragrance chez Bon Parfumeur à Paris, et on peut dire que ça lui collait à la peau.
Les petites cuillères
Sa verge molle commençait invariablement à se frotter contre ses fesses toutes chaudes. Au bout d'un moment, elle pouvait la sentir se durcir, grossir, pousser contre son bas du dos, s'allonger aussi pour prendre plus de place. Une fois le durcissement à teneur désirée, il glissait une main entre ses cuisses, les écartait un peu, et venait remplir cet espace de cette queue amplifiée.
Le mouvement de va-et-vient pouvait continuer encore un moment, cette fois entre ses cuisses resserrées, et contre son sexe de plus en plus humide et glissant. Lui... il aimait ça, son sexe humide. Il avait dit un jour que la moiteur de son vagin le rendait dingue. Qu'il n'y avait rien de meilleur, que d'y entrer, de se glisser contre les chairs douces et accueillantes et de se laisser bercer dans un bain de plaisir.
Ainsi allongée sur le côté, elle guettait la suite avec une impatience certaine... qu'il la pénètre enfin et qu'il la remplisse de son désir. Mais, elle ne disait rien, elle ne faisait rien parce que leur jeu voulait qu'elle fasse semblant d'être encore endormie. Un peu comme la Belle au Bois dormant qui attend son Prince.
Lui, il prenait son temps, il frottait sa queue entre les grandes lèvres, il passait une main par-dessus sa taille fine pour la serrer tout contre lui, et généralement... là, il se mettait à souffler plus fort dans son oreille, et sa glissade butait un peu plus loin, entre ses cuisses.
Désormais, en moins d'une minute, on pouvait s'attendre à ce que sa tête de gland vienne tâtonner contre l'entrée du vagin. Et quand l'angle s'ajustait à merveille, alors il poussait lentement toute sa longueur à l'intérieur d'elle.
Ainsi emboîtés, serrés-collés l'un contre l'autre, elle se mettait enfin à gémir doucement. Dans le Kamasutra, le nom de leur position c'était "Les petites cuillères".
Très facile pour les deux, pénétration profonde. De sa main libre, il passait en alternance de son clitoris, à son ventre, et remontait sur ses seins, puis il venait glisser deux doigts dans sa bouche, et elle les léchait et elle les suçait à fond. Elle se trouvait un goût de réglisse...
La finale
Mais quand on en était déjà là, les coups de reins se faisaient plus drus. Et de son poids, il l'écrasait un peu, alors, de butée en butée, elle se retrouvait renversée sur le ventre, le visage dans l'oreiller, et il venait quasi s'allonger sur elle, pour avoir l'amplitude souhaitée.
Pour ne pas étouffer dans l'oreiller, elle essayait de se soulever un peu sur ses coudes. Il passait un bras en dessous d'elle tout autour de sa poitrine, pour bien agripper un sein dans sa main. L'autre bras venait se caler sous son aisselle, pour prendre appui bien serré contre son épaule. Et il la baisait ainsi, par derrière, dans les règles de l'art, en la remplissant bien, et en lui demandant d'une voix rauque dans l'oreille: "- Je viens en toi ou tu veux sucer la fin?"
Elle ne répondait pas vraiment, pas la peine, pour elle... l'un ou l'autre, c'était tout aussi bon! De toute façon, il n'attendait pas vraiment de réponse. Parfois c'était l'un, parfois c'était l'autre, mais le plus souvent, c'était les deux!
Immobilisée dans ses bras serrants, presque écrasée sous son 1m80 et ses 80 kg, elle recevait avec joie ses coups de reins, qui lui allaient loin, et qui la plongeaient profondément dans son plaisir. Il n'était jamais pressé, il lui laissait le temps de bien s'enivrer de toute la dopamine, mais elle savait d'expérience une chose : s'il se soulevait sur ses coudes, et si sa verge commençait à prendre la cadence de l'aiguille de la machine à coudre, alors là... il s'apprêtait pour la finale, qui était toujours grandieuse.
Sa verge, au bout de la pénétration, avait ce petit mouvement – comment dire? – de... soulèvement à l'intérieur d'elle et ça, ça la rendait dingue! On aurait dit que son vagin se transformait en océan infini, et la verge, en arrivant à répétition dedans, elle provoquait des vagues, de plus en plus grandes et fortes.
Elle soulevait alors son cul, pour le recevoir encore mieux. Et lui, il prenait appui sur ses bras désormais tendus, pour mieux la traverser. Et la rencontre de ces deux forces opposées, mais attirées, était du plaisir pur : huilé dans le glissement des peaux transpirées, arcbouté dans la saccade de l'éjaculation, déversé à flots dans les souffles entrecoupés de râles, petit à petit... étiolé dans le mélange musqué de sécrétions intimes, et dans cette immense fatigue qui vous submerge entièrement dans sa déferlante, et qui vous fait échouer sur une plage de béatitude.
Conclusion
Vous avez écouté Déferlante, le podcast du désir.
© Supernova / Déferlante – juin 2021. Tous droits réservés. Cette œuvre (texte, voix, personnages) est la propriété de son auteur. Toute adaptation, reproduction ou représentation est soumise à autorisation préalable.



